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Compagnie Manivel

Fausse-note à Broadway

En 1983, je collabore à la création de Fausse-note à Broadway, le spectacle de la compagnie Manivel de Saint-Maur. Mon frère Didier compose la musique de cette comédie musicale très influencée par le film "Cabaret".

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Affiche reconstituée du spectacle

M’ennuyant un peu dans l’atelier théâtre de Créteil, je prends contact avec une troupe de jeunes comédiens de Saint-Maur qui ont formé une troupe depuis de nombreuses années, la Manivel.

Tous les ans, ils créent un spectacle par improvisation, puis en juillet et août, parcourent les routes de France pour jouer dans les petits villages.

Au fil des années, ils ont ainsi constitué un petit réseau de municipalités qui les accueillent chaleureusement. La troupe fait la manche à la fin du spectacle, et vit ainsi pendant toutes les vacances. Un vieux "tube" Citroën transporte la troupe, le décor et les comédiens.

Cette aventure m’excite au plus haut point et je fais tout pour entrer dans cette troupe. Le hasard fait bien les choses. Ils recherchent un comédien. L’un des leurs quittent en effet la troupe. J’assiste à la présentation de leur spectacle annuel, Lady Macbeth. Un choc pour moi. Quelle mise en scène ! Quel réalisme (de la vraie paille est répandue sur le sol ; les haches sont réelles, etc.) ! Quel jeu ! Je suis fasciné.

Mais voilà. Ils sont tous entre 19 et 21 ans et j’en ai 32 ! Autant dire que je suis un ancêtre pour eux ! Mais je ne me décourage pas. Et le hasard vient une nouvelle fois à ma rescousse. En juillet 1982, je me rends à Grenoble pour écrire certaines scènes de mon scénario Autodafé. Au détour d’une rue, un sorte en me promenant, je tombe nez-à-nez avec les membres de la troupe ! Ils jouent près de Grenoble et vont dîner chez une amie commune. Ils m’invitent à partager leur repas !

Ainsi se crée une relation entre nous. A la rentrée, l’un des responsables m’appelle pour me proposer d’entrer dans la troupe ! J’attends ce moment avec une telle impatience que j’ai attrapé un lumbago ! Depuis des jours, espérant ce coup de fil, j’ai le dos coincé. Je souffre atrocement, au point d’être obligé de boire du whisky pour diminuer ma souffrance. Et voilà que le responsable me propose de participer à un spectacle de danse mêlant Appel au secours de Peter Handke et une pièce de Beckett !

Appel au secours

Mais le miracle se produit. Le jour où a lieu la première réunion avec la troupe, le mal de dos a disparu !

Appel au secours est une bien étrange pièce. Une suite de mots sans réel lien entre eux. Nous sommes sur scène et nous prononçons ces mots à tour de rôle. Très casse-gueule. Pour faciliter notre travail, nous sommes habillés de collants noirs et nous jouons les meubles d’un séjour. Personnellement, je joue le lampadaire, d’autres jouent des fauteuils, la table basse. Entre les répliques, nous dansons le rock (nous sommes des meubles très mobiles !).

Nous nous produisons au théâtre de Joinville en mars 1983. L’accueil est poli. Le public qui suit la troupe depuis l’origine est un peu décontenancé. Mes amis ne m’imaginaient pas jouant un jour un lampadaire. Pourtant, la pièce est très intéressante, mais un peu difficile d’accès.

Le plus curieux est que quelques semaines plus tard, me rendant chez un ostéopathe de Saint-Maur pour soigner mon mal de dos, qui n’a pas complètement disparu, je m’aperçois en parlant de ce spectacle que l’assistante de mon ostéopathe l’a vu ! Et elle a beaucoup apprécié !... Le monde est petit, surtout en province.

Fausse-note à Broadway

Nous oublions rapidement cette affaire et nous nous lançons dans la création du spectacle qui sera joué en tournée dans toute la France. Nous sommes très marqués par le film Cabaret et nous voulons jouer un spectacle qui plonge dans cette ambiance des cabarets minables des années 30. Nous imaginons une intrigue policière avec assassinat du patron du cabaret, inspecteurs de police à la Colombo et intrigues tordues entre les artistes.

Pendant que mon jeune frère compose la musique de la comédie musicale, nous commençons à créer la pièce par improvisation. Pour moi, ce n’est pas simple, ni pour mon frère Didier, d’ailleurs, car en mai 1983, en pleine création, nous sommes touchés par le décès brutal de notre frère aîné, Bernard, à 36 ans (Voir Goal). Mais la troupe me conseille de plonger dans le travail pour oublier ce drame.

En juin, la pièce est achevée et après la rituelle présentation aux amis en juillet, nous partons en tournée. À l’époque, je travaille à la SFP, mais comme je viens de réussir un concours interne pour devenir chargé de production, je suis entre deux statuts. Je dois suivre une formation de quatre mois à partir de septembre et, en attendant, j’ai en quelque sorte quartier libre. Je peux donc partir un mois et demi en tournée.

Quelle aventure ! Je me retrouve réellement comme les comédiens des troupes au temps de Molière. Nous arrivons dans les villes le matin, nous prenons contact avec la municipalité et nous montons notre décor. Parfois on nous installe sur la place principale, parfois dans une grange, parfois dans un foyer rural, parfois sous le préau d’une école.

Nous passons ensuite dans les rues pour la "parade" et à 20 h 30, le miracle a lieu, les villageois viennent par petits groupes assister au spectacle. Nous jouons ainsi dans toutes les conditions, par tous les temps, parfois au milieu des animaux et des moissonneuses-batteuses, avec de temps en temps des chiens qui traversent la scène. La pièce est bonne, très entraînante, et nous rencontrons tous les soirs un beau succès. Nous dormons sur place, puis nous partons au petit matin pour la prochaine destination. La chanson d’Aznavour Viens voir le comédiens... nous trotte dans la tête...

J’aurai bien aimé renouveler l’expérience. Mais l’année suivante, je deviens chargé de production avec des horaires qui m’empêchent d’assurer des représentation. Ainsi s’achèvera mon expérience de comédien.

Je garde un souvenir ému de cette période de ma vie. C’est sans doute le seul moment où j’ai partagé à égalité des émotions avec d’autres. Ce fut une expérience humaine très forte.

La troupe

La troupe était composée à l’époque de Benoît Weiler, Luc Forveille, Danielle Rousseau, Gilles Fraigneau, Arnaud Riou, Caroline Bouvier, Christine et aussi Isabelle Valles et Jean-Luc Tartié.

Ils sont devenus médecins, professeurs, comédiens, monteurs...


"Mesdames, messieurs". Thème principal de la pièce composé par Didier Julia et interprété par la troupe.
IMG/mp3/mesdames_messieurs.mp3


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